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Saturday, December 31, 2011


Le tramway des Pyramides
 
 
A la fin du XIXème siècle, il était très facile de se rendre au Pyramides de Guiza grâce au tramway électrique. le voyage durait une heure ou une heure et quart au maximum.

Au mois d'avril 1896, le Comité des concessions des tramways du Caire avait examiné plusieurs demandes qui lui avaient été présentées dans le but d'obtenir la concession d'une ligne de tramways entre le Caire et les Pyramides. Un des postulants avait été la maison de M. de la Hault qui construisait les lignes de tramways du Caire. Il était alors proposé d'établir la ligne du côté sud de la route des Pyramides qui avait été aménagée l'année précédente et sur un remblai indépendant. La ligne devait partir de la station de l'octroi se trouvant près du pont de Qasr El-Nil sur l'île de Boulac, traverserait le petit Nil sur le pont des Anglais et longerait ensuite cette route des Pyramides jusqu'au Mena House. Cette combinaison devait permettre aux voyageurs de partir au point le plus rapproché du Caire et simplifier l'examen des produits quittant le Caire ou y arrivant par les fonctionnaires de l'octroi. De nombreuses personnes doutaient au Caire du succès de cette entreprise en raison du coût important sur le plan financier.




Pourtant cela fut réalisé en 1898. Le 9 juin 1898, la presse égyptienne annonçait "que le public cairote, à l'exception des âniers et des automédons de voitures de place, apprendra avec plaisir que la ligne de tramways des Pyramides est en bonne voie d'achèvement. Elle sera fonctionnelle probablement au mois de novembre prochain".

La ligne des Pyramides, en raison de la grande distance, avait ses prix particuliers de 30 millièmes en première classe et de 15 en seconde. Mais jusqu'au château de Guiza, les prix étaient de 10 et 5 millièmes comme au Caire. Ce tramway avait une sirène particulière à haut timbre pour avertir, disait-on, les bufflesses et autres animaux qui traversaient les rails. Le coach, qui couvrait le trajet entre le Mena House construit en 1888 et la ville du Caire, fut lui aussi supprimé.

La station de départ se trouvait donc sur l'île de Boulac (El-Guézireh) près du pont de Qasr El-Nil et le tramway franchissait ensuite le pont des Anglais. Un première station se trouvait devant le jardin zoologique, en face du débarcadère des bateaux qui amenaient les voyageurs du Vieux-Caire. Cinq minutes plus loin, le tramway s'arrêtait devant le château de Guiza qui avait abrité de 1889 à 1902 le Musée des antiquités égyptiennes. A partir du château de Guiza, le tramway s'enfonçait dans les terres en direction des Pyramides, laissant à sa gauche le village de Guiza. La ligne du tramway électrique était bordée, sur la droite, par la route des Pyramides. Les tramways circulaient de 7 heures du matin jusqu'à 9 heures du soir, ce qui donnait aux touristes tout le temps voulu pour visiter le site des Pyramides.
G.V.

Tuesday, December 27, 2011




La rue El-Soukkaria

La rue El-Soukkaria se trouve sur la gauche de la rue Moëz Lidine Illah non loin de la porte de Zouweïla. Elle est reconnaissable à une porte qui la fermait autrefois auprès du sébil-kouttab de Nafissa El-Baïda.

Cette rue El-Soukkaria était celle des marchands de sucre. Naguib Mahfouz y plaça le dernier roman de sa trilogie qui s'appelle d'alleurs "El-Soukkaria".
En 1796, Nafissa El-Baïda fit construire une woukala et un sébilkouttab près de cette ruelle et en bordure de la rue Moëz Lidine Illah juste en face de la mosquée d'El-Mouayyed.
Nafissa El-Baïda, encore appelée Nafissa El-Mouraddiya El-Baïda, était l'épouse de l'émir mamelouk Mourad bey qui partagea le pouvoir en Egypte avec Ibrahim bey jusqu'à l'arrivée des troupes françaises de Bonaparte. Ces deux chefs mamelouks organisèrent la résistance contre les occupants français. Mourad bey mourut en 1810.
L'épouse de Mourad bey, Nafissa El-Baïda, mourut quelques années après son mari, en 1815.
Le chroniqueur de l'époque, le cheikh Abdel Rahman El-Djabarti, rapporta que Sitti Hatoum (un autre nom de Nafissa El-Baïda), l'épouse de Mourad bey, fit construire le han El-Guédid et un abreuvoir près de la porte de Zouweïla. Ce sont la woukala et le sébil-kouttab dont il a été question.
Ainsi le nom de la ruelle El-Soukkaria est rattaché au souvenir d'une grande dame de la fin du XVIIIème siècle au Caire.
Il serait intéressant de savoir ce que devint cette dame alors que son époux combattfait les troupes de Bonaparte. Peut-être s'était-elle enfuie avec Mourad bey vers la Haute-Egypte où le puissant émir organisa la résistance à partir d'Assiout.
G.V.




La rue El-Tarbiah

La rue El-Tarbiah se trouve dans le Caire fatimide et est parallèle à la rue Moëz Lidine Illah. Elle commence dans le quartier des épices pour s'achever dans celui d'El-Ghourieh, mais elle est coupée en deux par la grande rue d'El-Azhar.
A son origine, cette rue n'avait que 90 centimètres de large. Il y a cinquante ans, cette rue valait au moins douze millions de livres égyptiennes, car elle habillait 28 millions de personnes et les commerçants y vendaient chaque jour au moins 1.250.000 mètres d'étoffes.


Cette rue s'était tout d'abord spécialisée dans le commerce des parfums. En 1827, quand Mohamed Ali introduisit la culture du coton en Egypte, cette rue changea de vocation et ses commerçants commencèrent à vendre des étoffes. Une première boutique de tissus en coton s'ouvrit. Les voisins, voyant que le commerce des cotonnades permettait de faire de gros bénéfices abandonnèrent les arômes pour se lancer dans le coton. Ce fut ainsi que le commerce de cette rue se transforma et s'appela "El-Tarbiah", ces carrés d'étoffe dont les femmes entourent leurs têtes, des espèces de châles.

Les marchands de la rue El-Tarbiah parcouraient les campagnes du Delta pour acheter les cotonnades tissées dans de petits ateliers. Ils achetaient ces tissus peu cher et les revendaient à bon prix.
Très vite, les habitants de Mahalla El-Kobra, cette ville du Delta devenue un grand centre de tissage, vinrent ouvrir boutique dans la rue El-Tarbiah qu'il inondèrent de leurs marchandises. Parmi eux se trouvaient des grossistes.
La rue El-Tarbiah entra ainsi dans l'histoire du commerce du coton sous le règne de Mohamed Ali. Très vite, les grossistes de cette rue se mirent à couvrir le marché de toute l'Egypte, puis le Hedjaz, le Soudan et jusqu'au Maroc. Les cotonnades égyptiennes, sous toutes leurs formes, étaient très prisées.
Aller rue El-Tarbiah voulait dire aller acheter des cotonnades. Mais de nos jours l'aspect commerçant de cette rue a changé même si quelques boutiques exposent encore des tissus de tout genre.
G.V.

Friday, November 25, 2011




Elles portent les noms de Khoch Qadam, El-Hammam,
El-Menagguedin, Ahmed El-Mahrouqui, El-Roum et El-Soukkaria
Les ruelles du Caire islamique
près de Bab Zouweïla
 
 
Par : Gérard Viaud
De nombreuses ruelles existent près de Bab Zouweïla au Caire. Elles sont mal connues, hormis par les habitants de ces quartiers dont ils ne connaissent pas l'histoire et toujours ignorées par les touristes. Elles portent les noms de Khoch Qadam, El-Hammam, El-Menagguedin, Ahmed El-Mahrouqui, El-Roum et El-Soukkaria.
La ruelle Khoch Qadam commence dans la partie sud de la rue Moëz Lidine Illah près de la mosquée d'El-Fakani, un monument de l'époque fatimide construit en 1148 et reconstruit en 1735. Une entrée de cette mosquée donne d'ailleurs sur la rue Khoch Qadam. Cette rue doit son nom à un sultan mamelouk du XVème siècle, El-Daher Seif Eddine Khochqadam, qui régna de 1461 à 1467. Le règne de ce sultan se situe dans une période très floue de l'histoire entre la mort du sultan Barsbaï en 1438 et l'avènement du grand sultan Qaïtbaï en 1468. Tous les sultans qui se succédèrent entre ces deux dates furent inconséquents et leurs règnes ne furent pas marqués d'événements importants.
Ce fut le cas du sultan Khochqadam. C'était un esclave d'origine grecque qui avait fait partie de la garde du sultan Barqouq, le fondateur de la dynastie mamelouke circassienne. Les autres esclaves le surnommaient Khochqadam le Grec et il aurait été ainsi le premier Grec à gouverner l'Egypte depuis l'époque byzantine.
Ce sultan eut à combattre les menaces ottomanes. Il voulut instituer des réformes commerciales et établir de nouvelles taxes, ce qui le rendit impopulaire. Bien que d'origine grecque, Khochqadam lança des mesures discriminatoires contre les Chrétiens et les Juifs et tous ceux qui n'étaient pas Musulmans durent démissionner de leurs postes dans les différentes administrations. Sans le nom de cette rue du Caire, ce sultan serait tombé dans l'oubli depuis longtemps.
Les gens du quartier donnent à ce nom de Khochqadam, écrit maintenant en deux mots Khoch et Qadam, en disant que ce nom serait celui de la cour du boiteux.
C'est dans cette rue de Khoch Qadam que se trouve la maison de Gamal Eddine El-Dahabi construite en 1637. Ce personnage était le chef de la corporation des commerçants de la ville du Caire. La superbe maison qu'il fit construire témoigne de sa richesse. Atfet El-Hammam, la ruelle du bain, commence dans la rue de Hoch El-Qadam dans le Caire fatimide.
Ces bains étaient, en général, composés de trois salles différentes. La première, appelée "maslakh", servait de vestiaire où les clients se déshabillaient. Une fontaine de marbre, alimentée par un jet d'eau, garnissait le milieu de cette salle qui était entourée d'estrades et de divans garnis de tapis et de coussins.
Une fois débarrassé de ses habits, le baigneur, enveloppé dans un grand pagne de coton, chaussé de sandales de bois, pénétrait dans la seconde salle. Là, l'air était saturé de vapeur d'eau à un degré élevé. Le baigneur était étendu sur une grande table de marbre où un garçon lui faisait un massage superficiel et il était alors conduit dans une troisième salle, la partie la plus chaude de cette installation de bains. Là, se trouvait un bassin rectangulaire dans lequel s'écoulait lentement de l'eau bouillante, alimentant le bassin et provoquant cette opaque buée provenant de la vapeur d'eau. Dans cette atmosphère, la transpiration était abondante. Le baigneur pouvait aller se plonger dans un bassin d'eau tiède ou froide. Ensuite, un masseur le prenait en main, armé d'un gantelet de poil de chameau qu'il passait sur tout le corps du patient, les articulations, les épaules, les bras, les jambes et les vertèbres, l'enduisant de savon et déversant sur lui des écuelles d'eau tiède. Le baigneur sortait tout revigoré de cette opération.
Une autre rue du Caire fatimide porte le nom de Hammam El-Masbagha, le bain de la teinturerie. Elle commence dans la grande artère de Moëz Lidine Illah entre l'ensemble d'El-Ghouri et la rue de Hoch El-Qadam. Il y avait en effet de nombreux teinturiers dans ce quartier. Il s'en trouve maintenant auprès de la mosquée d'El-Hakim près de la porte d'El-Foutouh. Dans la ruelle d'El-Hammam les boutiques des teinturiers avaient toutes des cours dans lesquelles ils étendaient les étoffes teintes sur les fils. Parfois ils installaient ces fils sur les terrasses des maisons.
La ruelle El-Menagguedin est celle des arçonniers et des matelassiers. Ces métiers n'ont pas changé de place depuis la fondation du Caire fatimide non loin de la porte de Zouweïla. Cette rue se trouve sur la droite de la rue Moëz Lidine Illah et commence presque en face du sébil-kouttab de Mohamed Ali construit en 1820. Elle est reconnaissable aux nombreuses balles et sacs de coton qui s'y trouvent.
Le métier de matelassier tenait une place importante dans la vie des Cairotes pour la fabrication des matelas des lits, des banquettes et des divans, ainsi que pour faire les nombreux coussins utilisés dans les maisons et les palais.

Après la construction de la porte de Zouweïla au XIème siècle par Badr El-Djamali, le quartier des matelassiers prit une place plus importante.
Selon l'historien cairote El-Maqrizi (1364-1443) le quartier des matelassiers et des arçonniers se trouvait derrière la prison du Caire qui fut, par la suite, remplacée par la mosquée du calife fatimide El-Moayyed qui avait fait le voeu de la construire lors de sa détention dans cette prison.
Toujours selon El-Maqrizi, il existait dans ce quartier une mosquée portant le nom de Sam Ibn Nouh (Sem fils de Noé), le père des peuples sémites.
De nos jours, cette rue, ainsi que les ruelles avoisinantes, sont bordées de boutiques qui vendent du coton qui est livré aux commerçants dans de grands sacs de jute.
Ce coton sert toujours à la fabrication des matelas pour les lits, les canapés et les coussins, éléments indispensables dans toutes les maisons égyptiennes. Mais les matelassiers, bien qu'ayant des ateliers, se rendent souvent dans les maisons pour exécuter leur travail. Quant aux arçonniers, ces artisans ont disparu de ce quartier. Autrefois, dans le Caire ancien, chaque corporation avait son quartier ou sa rue, et c'était le cas pour les menagguedin.
Atfet Ahmed El-Mahrouqui se trouve près de la rue El-Menagguedin non loin de la porte de Zouweïla à l'intérieur du Caire fatimide. Cette ruelle porte le nom d'un riche commerçant du Caire de la fin du XVIIIème et du début du XIXème siècles.
Ahmed El-Mahrouqui était le chef des commerçants de la ville du Caire. En 1798, il partit à la Mecque pour le grand pèlerinage. A son retour, il trouva les Français en Egypte. Bonaparte le chargea de fournir à l'armée française ce dont elle avait besoin et il fut nommé au divan constitué par le nouvel occupant de l'Egypte.
Après le départ des Français, Ahmed El-Mahrouqui se soumit au pouvoir ottoman et aux Mamelouks. Il devint un des grands hommes du pays. Sa maison était devenue un rendez-vous pour tous. Il fut le directeur de l'Hôtel des monnaies au Caire.
En cette période troublée, que vécut Ahmed El-Mahrouqui, il sut toujours se mettre du bon côté tant son sens politique et diplomatique était grand. Bien entendu, il subissait des contraintes. Il fut ainsi obligé d'équiper douze nouveaux officiers et leurs troupes : chevaux, fourrures, habits, bottes, or et argent. Pour le remercier, le pacha lui donna le fief de Farascour près de Damiette. Un jour, Ahmed El-Mahrouqui invita le pacha à déjeuner chez lui. Lorsque le pacha eut quitté sa maison, il lui envoya son fils Sayed Ahmed, chargé de présents pour le remercier d'avoir bien voulu venir en sa demeure: des étoffes d'Inde, des pierreries, des bijoux, des tapis de Perse et des chevaux équipés.
Ce même jour, c'était en 1804, Ahmed El-Mahrouqui passa la soirée chez lui lorsque tout à coup il eut des frissons. Au bout d'une heure, il rendit le dernier soupir.
Le lendemain matin, alors que le décès avait été gardé secret, son fils Sayed monta à la Citadelle prévenir le pacha. La nouvelle se répandit en ville.
Les funérailles d'Ahmed El-Mahrouqui furent célébrées avec une pompe digne de son rang, écrit Abdel Rahman El-Djabarti dans ses chroniques.

Sunday, November 20, 2011





La rue Boustan 
El-Maksi à Faggalah




Jésuites - Photo 1901
 
La rue Boustan El-Maksi se trouve dans le quartier de Faggalah entre l'avenue Ramsès et la rue Linant pacha qui passe devant la cathédrale grecque catholique.
Cette rue doit son nom à des jardins (boustan) qui se trouvaient en bordure du quartier d'El-Maks qui s'étendait autrefois entre la porte de Bab El-Bahr (ou Bab El-Hadid) et le Nil à la suite du retrait du fleuve vers l'ouest.
En bordure de cette rue, les Pères Jésuites ouvrirent le Collège de la Sainte Famille en 1889. En 1882, ils avaient acheté un vaste terrain en bordure du canal d'Ismaïlieh pour y construire ce Collège. A cette époque, la région de Faggalah était encore une campagne avec de nombreux jardins et quelques villas.
Les Pères Jésuites étaient arrivés en 1879 en Egypte. Ils louèrent d'abord une maison dans le quartier du Mousky où se trouvaient de nombreuses résidences étrangères et les églises des différentes communautés catholiques. Très vite, cette maison devint trop petite et une famille copte catholique leur donna un local un peu plus vaste où ils reçurent quelques séminaristes pensionnaires. A la demande des Chrétiens du quartier, ils admette des élèves laïcs externes.
Le Collège de la Sainte Famille, qui comptait alors 282 élèves, fut transféré dans les locaux actuels en 1889.
Au fond de la rue Boustan El-Maksi se trouve la cathédrale grecque catholique construite à l'emplacement du palais de Linant de Bellefonds. Sakakini pacha avait fait l'acquisition du palais de Linant de Bellefonds dans le quartier de Faggalah au Caire, peut-être à la suite de son décès au mois de juillet 1883. Sakakini fit don de ce palais à la Communauté grecque catholique pour y construire une cathédrale et un patriarcat.
Breton et Lorientais d'origine, Linant de Bellefonds arriva en Egypte en 1818. Pendant sa longue carrière de 65 années dans le pays, il eut une activité débordante: cadastre et cartes hydrauliques de la Haute-Egypte, réfection du réseau d'irrigation, plan de la construction du Barrage de Mohamed Ali, mais qui ne fut pas retenu, plans et dessins du Canal de Suez dont Ferdinand de Lesseps s'appropria en 1844, construction de la route entre le Caire et Suez, etc...
Linant de Bellefonds fut l'un de ces nombreux Français qui servirent l'Egypte au XIXème siècle.
G.V.



La rue teraa El-Boulakiya
 
Une des rues du quartier de Choubra au Caire s'appelle teraa El-Boulakiya, celle du canal de Boulac. En effet, elle occupe l'emplacement d'un ancien canal qui partait du Nil au sud de Boulac pour aller rejoindre vers le nord le canal d'El-Galada.
Ce dernier canal irriguait de nombreux jardins dont ceux d'El-Khalafaoui où les califes fatimides avaient établi une résidence de campagne. Une rue porte encore le nom des Mamelouks, ce qui prouve, peut-être, que les sultans mamelouks continuèrent à fréquenter cette résidence campagnarde qui était encore arrosée par le canal d'El-Boulakiya.
Choubra

Un peu plus au nord d'El-Khalafaoui se trouvait un autre secteur appelé Miniet El-Sirag, une sorte de triangle situé entre trois canaux, ceux d'El-Boulakiya, d'El-Galada et d'El-Dakar. Ce dernier canal était une branche d'El-Boulakiya.
A l'embranchement des deux canaux d'El-Boulakiya et d'El-Dakar, un pont avait été construit portant le nom de Qantaret Miniet El-Sirag. Dans ce triangle se trouvait un monastère de moniales coptes portant le nom de saint Georges qui est mentionné dans les anciennes listes des églises et des couvents.
Tous ces canaux dont il a été question furent comblés à la fin du XIXème siècle et le pont de Miniet El-Sirag n'existe plus. Ces deux quartiers d'El-Khalafaoui et de Miniet El-Sirag sont situés à l'est de la grande rue de Choubra.
Au mois de septembre 1896, les fonctionnaires des services sanitaires voulurent empêcher les riverains d'El-Boulakiya de puiser de l'eau dans le canal, car elle était impropre à la consommation, mais ce fut en vain.
L'urbanisation résolut le problème car dans les dernières années du XIXème siècle le canal fut comblé en raison de l'urbanisation et il laissa la place à une rue qui porta le nom de teraa El-Boulakiya.
Cette rue, tracée sur la largeur de l'ancien canal, devint vite trop étroite et elle fut élargie au mois de juillet 1956. Sans le nom de cette rue, les habitants de Choubra ignoreraient qu'un canal existait portant le nom d'El-Boulakiya.
G.V.

Friday, November 11, 2011


Entre deux palais

Les deux lieux ont un très belle construction où se mélangent les styles 
mamelouk et ottoman
Le monde riche de Naguib Mahfouz
"entre deux palais" du Caire fatimide
La célèbre trilogie de Naguib Mahfouz se compose de trois romans: "Bein el-Qasrein" (1956), "Qasr el-Chouq" (1957) et el-Soukkaria" (1957). Ce qui est remarquable c'est que ces trois titres correspondent à des lieux du Caire fatimide où Naguib Mahfouz aimait à flâner. Tout le monde connaît le café Naguib Mahfouz dans la ruelle de Bab el-Badistan en plein centre du khan el-Khalili. Elle est coupée en deux par cette porte el-Badistan construite en 1511.


Par : Gérard Viaud

La rue Qasr el-Chouq commence sur l'artère de Gamaleïa, entre Bab el-Nasr et Sayedna el-Hussein, près de la mosquée de Mahmoud Moharrem construite en 1792. Cette rue passe derrière une autre mosquée, celle de Marzouq el-Ahmadi qui date du XVIIème siècle. Cette rue a donné son nom à un roman de Naguib Mahfouz qui appartient à sa trilogie célèbre.
Photo Sharobim

Cette trilogie se compose de trois romans: "Bein el-Qasrein" (1956), "Qasr el-Chouq" (1957) et el-Soukkaria" (1957). Ce qui est remarquable c'est que ces trois titres correspondent à des lieux du Caire fatimide où Naguib Mahfouz aimait à flâner. "Bein el-Qasrein", entre les deux palais, se trouvait au milieu de la grande rue Moëz Lidine Illah à l'emplacement actuel du palais de Bachtak et du sébil-kouttab d'Abdel Rahman el-Kathouda. C'était, à l'époque fatimide, une grande place encadrée de deux grands et beaux palais.
L'émir Bachtak fit entreprendre les travaux de ce palais en 1335 et ils furent achevés en 1339.
Sous le règne du sultan mamelouk el-Nasser Mohamed Ibn Qalaoun, au XIVème siècle, un des puissants émirs de sa Cour était Seif Eddine Bachtak el-Nassiri. Cet émir fit ainsi construire un magnifique palais en bordure de la rue Moëz Lidine Illah à l'emplacement d'un ancien palais de l'époque fatimide.
Le palais de Bachtak fut restauré en 1986 par l'Organisme des antiquités égyptiennes en coopération avec l'Institut allemand d'archéologie du Caire. L'un des plus beaux sébiles du Caire est sans conteste celui d'Abdel Rahman katkhouda. Il fut construit en 1744 alors qu'Abdel Rahman était gouverneur du Caire, le katkhouda.
Ce sébile se trouve à l'angle des rues de Moëz Lidine Illah et Darb Qarmis dans le Caire fatimide là où se trouvait à l'époque fatimide la place de Bein el-Qasrein, les deux palais. C'est un très belle construction où se mélangent les styles mamelouk et ottoman. Chacune des trois façades est décorée d'arceaux supportés par des colonnes encadrant de larges fenêtres ogivales garnies de grilles ouvragés. dans le bas de ces grilles se trouvent des orifices permettant de puiser l'eau contenue dans des bassins. A l'étage supérieur est aménagé le kouttab, cette école coranique, entouré d'élégantes colonnettes et dont le plafond est richement décoré.
"Qasr el-Chouq", le palais des épines, a laissé son nom à une ruelle du quartier de Gamaleïa. Elle commence auprès de la mosquée de Mahmoud Moharrem. Il y avait en cette ruelle un palais où un marchand d'esclaves jetait les jeunes filles dans une fosse remplie d'épines si elles étaient récalcitrantes.
Quant à "el-Soukkaria", la ruelle des marchands de sucre, elle se trouve près de la porte de Zouweïla et du sébil-kouttab de Nafissa el-Baïda. Une très belle porte en ferme l'entrée en bordure de la rue Moëz Lidine Illah. Revenons à la rue Qasr el-Chouq. Au XIVème siècle, sous le règne du sultan mamelouk el-Nasser Mohamed Ibn Qalaoun, il y avait au Caire un riche marchand d'esclaves qui s'appelait Magd Eddine Ibn Yacout el-Khawaga. Chaque année, Magd Eddine organisait des caravanes vers les pays slaves et jusqu'en Perse pour y acheter des esclaves, spécialement des jeunes filles les plus belles possible, et notamment des Circassiennes.
En revenant au Caire, Magd Eddine commençait par enfermer ses esclaves dans son palais pour leur donner une éducation conforme au rôle qu'elles allaient jouer avant de les revendre. Si l'une de ces jeunes filles était récalcitrante elle était jetée dans une fosse remplie d'épines. Les habitants du quartier, connaissant ce procédé, finirent par appeler le palais de Magd Eddine "Qasr el-Chouq" et le nom fut ainsi donné à la rue où se trouvait ce palais. Les jeunes esclaves, leur éducation achevée, étaient vendues sur les marchés du Caire. La rue et le palais el-Soukkaria se trouvent sur la gauche de la rue Moëz Lidine Illah non loin de la porte de Zouweïla. La rue est reconnaissable à une porte qui la fermait autrefois auprès du sébil-kouttab de Nafissa el-Baïda.
Cette rue el-Soukkaria était celle des marchands de sucre. Naguib Mahfouz y plaça le dernier roman de sa trilogie qui s'appelle d'ailleurs "el-Soukkaria".
En 1796, Nafissa el-Baïda fit construire une woukala et un sébil-kouttab près de cette ruelle et en bordure de la rue Moëz Lidine Illah juste en face de la mosquée d'el-Mouayyed.
Nafissa el-Baïda, encore appelée Nafissa el-Mouraddiya el-Baïda, était l'épouse de l'émir mamelouk Mourad bey qui partagea le pouvoir en Egypte avec Ibrahim bey jusqu'à l'arrivée des troupes françaises de Bonaparte. Ces deux chefs mamelouks organisèrent la résistance contre les occupants français. Mourad bey mourut en 1810. L'épouse de Mourad bey, Nafissa el-Baïda, mourut quelques années après son mari, en 1815.
Le chroniqueur de l'époque, le cheikh Abdel Rahman el-Djabarti, rapporta que Sitti Hatoun (un autre nom de Nafissa el-Baïda), l'épouse de Mourad bey, fit construire le han el-Guédid et un abreuvoir près de la porte de Zouweïla. Ce sont la woukala et le sébil-kouttab dont il a été question.
Ainsi le nom de la ruelle el-Soukkaria est rattaché au souvenir d'une grande dame de la fin du XVIIIème siècle au Caire.
Il serait intéressant de savoir ce que devint cette dame alors que son époux combattait les troupe

Wednesday, November 9, 2011





La rue El-Khiyamieh

La rue El-Khiyamieh, celle des fabricants de tentes, est couverte par un plafond de bois. Cette rue, se trouvant juste devant la porte de Zouweïla, fait partie de cette très longue artère qui commençait au faubourg d'El-Husseineia, au nord du Caire, pour emprunter ensuite la rue Moëz Lidine Illah et aller jusqu'au Vieux Caire.
Photo Sharobim
A partir de 1301, sous le règne du sultan mamelouk El-Nasser Mohamed Ibn Qalaoun, les constructions se multiplièrent énormément et sans ordre au sud de la porte de Zouweïla si bien que les urbanistes du sultan durent intervenir pour mettre de l'ordre dans ces nouvelles constructions : magasins, woukala, palais d'émirs, bains, etc ...
Les urbanistes, par ordre du sultan, se virent contraints de faire abattre quelques nouvelles constructions pour tracer, le plus droit possible, un boulevard qui conduirait de la porte de Zouweïla jusqu'à Saliba et la mosquée d'Ibn Touloun et, par delà, jusqu'au Vieux-Caire.
Ce nouveau tronçon était le prolongement naturel de la rue Moëz Lidine Illah, le fondateur de la ville fatimide du Caire.
Cette longue rue, qui s'appelait la Qasaba, fut le plus long boulevard que connut la ville du Caire à travers sa longue histoire.
Au XVIIIème siècle, un bey ottoman gouverneur de la ville du Caire, Radouan bey, entreprit la réfection de ce long boulevard. De nombreuses maisons tombant en ruine furent reconstruites. Radouan bey édifia en 1736 ce superbe ensemble de la rue El-Khiyamieh connu sous le nom de Qasaba de Radouan bey.
Des maisons, toutes de même style, bordent cette rue. Le premier étage est soutenu par des pieds de cordeaux qui font avancer cet étage au-dessus de la rue. Il en est de même pour le second étage et la rue est recouverte d'un plafond de bois, percé de temps à autre d'une ouverture rectangulaire d'un mètre de long et de trente centimètres environ de largeur qui laisse passer la lumière du jour.
Malgré ces ouvertures, cette rue est la plus sombre de la ville du Caire. Elle s'étend actuellement sur une centaine de mètres.
Cette Qasaba de Radouan bey s'appelle actuellement rue El-Khiyamieh car il s'y trouve de nombreux fabricants de tentes, ces grandes toiles aux couleurs vives avec des dessins géométriques ou s'inspirant des végétaux.
Ces toiles de tentes servent à monter les tentes pour les assemblées mortuaires ou pour les fêtes. Elles masquent encore les magasins en cours réfection et elles sont utilisées pour monter des arcs de triomphe à certaines occasions, comme pour les visites du Président de la République, du gouverneur ou d'un personnage important.
G.V.





Fomm "Bab El-Bahr" dans la ville du Caire
 
La rue de Fom Bab El-Bahr se situe à l'entrée nord de la rue El-Goumhouriya et cette photo, représentée ici, montre l'emplacement approximatif de l'ancienne porte nord-ouest des remparts du Caire, Bab El-Bahr.
Ce mot de Bab El-Bahr, signifie "porte de la mer", car elle était, à l'origine, construite à proximité du Nil qui se faisait appeler "Bahr El-Nil"; mais ce terme de "Bahr" désigne aussi le nord car la grande mer, la Méditerranée, se trouve au nord de l'Egypte. La porte de Bab El-Bahr existait encore vers le milieu du XIXème siècle. Elle était construite sur le modèle de ces portes qui se trouvent encore dans l'enceinte nord de la cité fatimide du Caire, Bab El-Foutouh et Bab El-Nasr.
L'ogive de la porte était encadrée de deux grosses tours crénelées qui occupaient l'emplacement de ces immeubles récents se trouvant à l'entrée de la rue appelée Fom El-Bahr, au coin de l'actuelle rue d'El-Goumhouriya et de la place de Bab-El-Hadid, un nom qui était encore donné à cette porte.
Fabrique poupée 
Il semble que Bab El-Bahr fut démolie lors du tracé de la rue Clot bey sous le règne du Khédive Ismaïl qui avait entrepris la construction de nouveaux quartiers en dehors des remparts du Caire ancien. De cette porte, il ne reste actuellement que le nom de la ruelle de Fom Bab El-Bahr et de la rue qui conduit vers le quartier de Bab El-Chaareïa à la limite de la cité fatimide. Cette rue ancienne est d'ailleurs très pittoresque. Elle a gardé, en partie, ses pavés et elle est bordée de nombreuses boutiques comme elles existaient autrefois. Cette rue est spécialisée, du moins dans son premier tronçon, dans les confiseries et les sucreries. C'est là que se fabriquent les fameuses poupées de sucre du "Mouled El-Nabi", ainsi que les cavaliers et les bateaux en sucreries qui sont le signe populaire de cette fête.
De vieilles maisons, ornées de moucharabiehs et de portes cochères ouvragées, existent toujours dans cette rue, mais, petit à petit, elles tombent en ruine et s'écroulent sous le pic des démolisseurs pour laisser la place à des immeubles modernes.
Ce fut par cette porte de Bab El-Bahr que Bonaparte entra au Caire le 25 juillet 1798. Jean-François Champollion et tous les voyageurs du XIXème siècle ont parlé de cette porte dont les deux vantaux étaient bardés de fer, d'où son nom de Bab El-Hadid, la porte de fer. A partir de cette porte, les voyageurs se rendaient directement dans le quartier proche de l'Ezbékieh.
Juste devant cette porte, se trouvait depuis le XIIème siècle le quartier extra-muros de Maqs qui avait été aménagé lors du retrait du Nil plus à l'ouest. Le constructeur des remparts du Caire, sous le règne de Salah Eddine El-Ayyoubi, le célèbre Qaraqouch, avait construit un hôpital dans ce quartier de Maqs, le premier à avoir existé au Caire bien avant celui du Maristan de Qalaoun rue Moëz Lidine Illah dans le Caire fatimide. Très vite, des marchés et des caravansérails s'établirent devant Bab El-Bahr pour les voyageurs et les marchandises débarquant au port de Boulac. Les chroniqueurs anciens racontent que les installations des négociants étaient nombreuses devant Bab El-Bahr. Il y avait ainsi le foundouk Tourountaï où descendaient les marchands d'huile venant de Syrie. Au mois de mai 1321, lors d'une révolte au Caire, ce foundouk fut incendié et tout fut transformé en chaux. Bab El-Bahr, ce n'est plus qu'un souvenir d'antan. Une rue, celle de Boustan El-Maqsi, rappelle encore ce quartier de Maqs devant la porte. Dans cette dernière rue se trouve le Collège de la Sainte Famille de Faggalah qui débouche devant la cathédrale grecque catholique où se trouvait le palais de Linant de Bellefonds. Dans le prolongement de la ruelle de Fom Bab El-Bahr se trouve le début des rues de Bein El-Harat et de Bab El-Bahr.
G.V.




La rue du marché
des armes au Caire
 

Scraveli-Spyridon
La rue souq El-Silah (le marché des armes) part non loin de la mosquée d'El-Rifaï pour aller rejoindre la rue de Darb El-Ahmar. Elle doit son nom aux fabricants et marchands d'armes qui s'y trouvaient autrefois.
En l'année 1384, le marché des armes s'installa dans cette rue. Auparavant, il se trouvait dans le quartier de Bein El-Qasrein dans le Caire fatimide.
Au XVIIIème siècle, de nombreuses woukala (caravansérails) s'installèrent dans cette rue. La woukala de Youssouf katkhouda (1709) était surtout réservée aux marchands étrangers, les Syriens, les Maghrébins et les Turcs. Il y avait encore la woukala d'Ibrahim katkhouda (1728), celle de Mohamed effendi (1703) et celle d'Ibrahim aga (1749).
En plus de ces woukala, il existait rue souq El-Silah des palais, des mosquées et des sébiles.
Le palais le plus célèbre de cette rue était celui de l'émir Mangak El-Youssoufi El-Silahdar, le porte-glaive du sultan mamelouk El-Nasser Mohamed Ibn Qalaoun au XIVème siècle. Cet émir avait construit ce palais en 1346. Il n'en reste que le porche d'entrée dont les deux tympans de l'arc étaient décorés du blason de l'émir avec un cimeterre, l'insigne de sa charge. Ce fut dans ce palais que naquit l'historien Aboul Mahsin en 1409.
Dans cette rue de souq El-Silah se trouvent encore la madrassa (école) d'Ilgaï El-Youssoufi construite en 1373, le sébile de Moustapha Sinan (1630) et celui de Rouqayya Doudou (1761).
Un autre monument intéressant de cette rue est le hammam (bain) de l'émir mamelouk Bachtak qui le fit construire en 1341.
Maintenant, dans la rue de souq El-Silah les marchands d'armes se font rares depuis que le Khédive Ismaïl au XIXème siècle centralisa la fabrication des armes. Toutefois, quelques ateliers réparent encore les armes, fusils ou pistolets, maintenant ainsi la réputation de cette ancienne rue du Caire. Mais cette rue n'est plus ce qu'elle était autrefois, car ses monuments tombent en ruine.
La rue souq El-Silah rappelle une page de l'histoire du Caire quand les ateliers fabriquaient les armes.
G.V.