Wednesday, November 9, 2011





 LA WOUKALA
 était à l'époque ce que l'on appelle aujourd'hui "hôtel"
Bazaraa retrouve sa beauté
d'antan et sa grandeur
 
Woukala était à l'époque, ce que l'on appelle aujourd'hui "hôtel". Un établissement répandu dans les siècles passés, qui servait à recevoir les commerçants de passage au Caire. Jadis, les caravanes avaient l'habitude de passer en moyenne une nuit pour pouvoir exposer leurs marchandises le lendemain dans les différents
marchés. 200 woukalas existaient jusqu'au 19ème siècle dans le Caire fatimide, mais au fil des années, il n'en reste que vingt.
par : Dalia Hamam
Parmi les woukalas qui ont résisté au temps, la woukala de Bazaraa. Située dans la rue "Tomboskchiya ". Une rue du Caire fatimide qui commence à la rue de Bab El-Nasr, encore appelée El-Gamaleïa.
Un des chefs-d'œuvre de cette rue est incontestablement celui de Bazaraa. La wekala portait des noms suivant l'époque par exemple elle était connue sous le nom d'El-Kekhia d'après le nom de Hassan Ketkheda. C'est grâce à lui qu'il a préparé spécialement la woukala pour reçevoir les hôtes et leurs marchandises qui étaient déposées au rez-de-chaussée, à leur arrivée. Elle ne prit en fait, le nom de woukala de Bazaraa qu'au XIXème siècle quand elle fut achetée par Mohamed Bazaraa. Cependant, il y a eu un temps où l'activité de Mohamed Bazaraa est passée du bois au savon et aux grains de café, un savon très réputé pour sa teneur en huile. Il s'agit de "Nabolsi" qui existe encore de nos jours et des grains de café venaient du Yémen.
Architecture de Bazaraa
La woukala fait partie de l'architecture des Mamelouks. "Une cour entourée d'un établissement en forme de "U". Elle se compose de deux parties: l'une est commerciale avec 25 cabines ou magasins où les vendeurs avaient l'habitude d'y déposer leurs marchandises. Ce sont des galeries creusées sous la surface de l'établissement. Quant à l'autre partie, ce sont des chambres à coucher; elles sont cependant caractérisées par leur grande superficie à l'image des anciennes constructions de l'époque. Elles sont aussi construites sur deux étages, chaque étage ayant sa propre superficie :1000 mille mètres carrés.
Le premier étage, comprend une pièce, une cuisine et une salle de bain tandis qu'au deuxième niveau, ce sont les chambres à coucher et la terrasse. Les chambres à coucher sont préparées pour convenir aux différentes saisons de l'année. Par exemple, pendant les mois d'été, les gens peuvent passer leur nuit en plein air; quant aux mois d'hiver, ils descendent vers l'intérieur.
Cette deuxième partie, possède une entrée directe vers la rue avec des escaliers qui s'éloignent de la cour.
Ce n'est pas la seule entrée car il en existe une autre, qui est la principale, et qui relie la rue et les 25 fonds de commerce.
L'authenticité de l'architecture est claire dès la façade de la woukala car l'établissement était entouré de deux côtés alors qu'il ne reste que la façade. Elle mesure 25,10 m de hauteur. Les fenêtres sont stylées à l'islamique ancien, les moucharabiehs: ce sont de petits balcons fermés par un grillage qui forme un avant-corps devant les fenêtres. Le mot moucharabiehs vient du verbe "charab", c'est à dire boire. Elles ont été ainsi appelées car les anciens avaient l'habitude d'y déposer des cruches pleines d'eau potable pour les refroidir grâce aux courants d'air.
Ces fenêtres ont d'autres fonctions, elles aident l'air frais à pénétrer à travers les trous, et à atténuer la chaleur quand les rayons du soleil sont forts l'été.
Travaux de restauration de Bazaraa
Beaucoup de raisons ont conduit à la restauration de la woukala: la pollution de l'environnement provenant de la surpopulation du quartier, le délaissement de la woukala depuis longtemps auquel s'est ajouté le tremblement de terre qui a frappé l'Egypte en 1992. Une quantité de fissures et d'affaissements dans les murs et la pierre ont obligé les responsables à restaurer Bazaraa. Aussi, le ministre de la Culture, M. Farouk Hosni, a pris les mesures nécessaires et la décision de lancer les travaux de restauration de la woukala. Le travail a immédiatement commencé en 1992 et s'est terminé en 2001. Mme Suzanne Moubarak, a assisté à l'inauguration en mars 2001 en présence du Premier ministre et du ministre de la Culture.
"La woukala a été trouvée dans un état lamentable. Les déchets couvraient la cour et tous les accès étaient bouchés, les escaliers étaient en ruine et certaines fenêtres ébranlées!", explique M. Alaa Achoure, le responsable de la woukala. Dans ces cas, deux genres de restauration sont à entreprendre, l'une au niveau architectural et l'autre sur le plan technique.
La première est en général, la plus facile et ne demande ni effort ni temps, car il s'agit de restaurer les éléments de base: les plafonds, les sols, les accès et les entrées de la woukala...
Comme dans la restauration des antiquités qui ont besoin d'être rapidement retapées, il était urgent de commencer les opérations.
"Les établissements islamiques comme les mosquées et les écoles coraniques (Les kouttab) sont des travaux complémentaires au quotidien des quartiers islamiques du Caire", assure le responsable de la woukala.
La woukala fait partie d'un centre ville, très actif. C'est le fameux quartier d'El-Gamaleïa, et le fait de le restaurer représente une nécessité pour le patrimoine", continue M. Achoure.
Les travaux de restauration ont coûté environ 7 millions de livres égyptiennes, auxquelles il faut ajouter 8 millions qui seront remis aux propriétaires afin de les indemniser.
Ces opérations ont compris le changement de toutes les portes, les escaliers et les peintures, murs et terrasses y compris. De plus, les réseaux des canalisations d'eau et d'électricité ont été entièrement renouvelés", explique M. Alaa. La mission la plus difficile était la restauration des blocs de pierre qui créent un dessin ou une forme spéciale. Les ingénieurs devaient déplacer avec prudence certaines parties, restaurer les fissures et redonner l'originalité partout.
Neuf ans de labeur permanent pour ranimer le Caire islamique... et voilà que le résultat est surprenant et réel. Le Caire fatimide qui était un rêve, est devenu une réalité...

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